22 juillet 1873

« 22 juillet 1873 » [source : BnF, Mss, NAF 16394, f. 222], transcr. Manon Da Costa, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.2597, page consultée le 26 janvier 2026.

« Car que faire en un gîte à moins que l’on ne songe ? »1… à son bien-aimé ?
Voilà pourquoi, mon adoré, je t’envoie mon bonjour aussi matinal et avec mes tendresses toutes fraîches écloses. Dors, mon pauvre grand bien-aimé, pendant que je prie pour toi, que je te souris et que je te bénis. Plus j’y pense et plus je tâte mes forces, mon infatigablea grand petit homme, et plus je suis convaincue qu’il me faut renoncer à nos douces promenades le reste de cette semaine si tu veux sérieusement partir d’ici à cinq ou six jours. Ce n’est pas ma malle qui demande d’aussi longs et d’aussi fatigantsb préparatifs, mais ma maison toute entière à mettre en ordre de façon à pouvoir supporter sans trop en souffrir une absence indéterminée. Pour cela ce n’est pas trop, ce n’est même pas assez de quelques jours d’un travail fastidieux autant qu’éreintant. Toi-même, mon adoré, il faut t’occuper dès à présent des choses que tu veux emporter et diriger Mariette à faire ta malle selon qu’il te convient qu’elle soit faite. Tout cela prend du temps, tu t’en apercevras de reste au moment venu. J’espère te voir ce matin et te demander du manuscrit pour tantôt parce que nous n’avons plus, dans celui que j’ai chez moi, que six pages à collationner, ce qui n’est pas assez pour aujourd’hui. Je te demanderai en même temps si tu veux que je paie de Putron et Valpied avant de partir. Enfin, mon cher petit bien-aimé, je finis mon gribouillis comme je l’ai commencé : en t’adorant.


Notes

1 Citation récurrente sous la plume de Juliette Drouet, empruntée à la fable de La Fontaine « Le Lièvre et les grenouilles ».

Notes manuscriptologiques

a « infatiguable ».

b « fatiguants ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

ils rentrent à Paris après la fin de l’écriture de Quatrevingt-treize. Épuisée par les infidélités de Hugo et le soupçon, elle disparaît quelques jours, pendant lesquels il est au désespoir. François-Victor, second fils de Hugo, meurt d’une tuberculose rénale.

  • 10 févrierReprise de Marion de Lorme au Théâtre-Français.
  • 1er juilletBlanche quitte Guernesey.
  • 12 juilletBlanche revient secrètement.
  • 21 juilletBlanche repart pour Paris.
  • 31 juilletHugo et Juliette Drouet arrivent à Paris.
    Blanche avoue à Hugo l’avoir trompé. Il lui pardonne.
  • 14 aoûtPaul Meurice est démis de ses fonctions de rédacteur en chef du Peuple Souverain par ses actionnaires. Le journal se sépare du Rappel, dont il était l’émanation.
  • 19 septembreAyant découvert une lettre d’amour adressée à Hugo, Juliette fuit à Bruxelles.
  • 26 septembreRetour de Juliette Drouet à Paris.
  • 4 octobreAprès avoir loué pendant deux mois une petite maison à Auteuil, ils s’installent 55 rue Pigalle.
  • 26 décembreMort de François-Victor Hugo, de la tuberculose.
  • 28 décembreEnterrement de François-Victor au Père-Lachaise.